Lettre ouverte à Monsieur Rani Assaf

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© Nîmes Médiasport

Lettre ouverte à Monsieur Rani Assaf, président-actionnaire du Nîmes Olympique.

Monsieur Assaf,

Aujourd’hui, nous sommes le samedi 29 février 2020. Près de 6 ans après votre arrivée au Nîmes Olympique en tant qu’actionnaire, près de 5 ans après votre prise de contrôle totale du club. Sans vous, sans l’argent investit et sans certains de vos choix, le Nîmes Olympique ne serait probablement pas là où il en est aujourd’hui. Le club n’aurait pas retrouvé l’élite, et aurait pu tomber bas, bien bas. Cela monsieur Assaf, personne ne vous l’enlèvera. Nîmes est une ville de football. Une ville de supporters passionnés, où le grand-père transmet sa passion au père, qui la transmet ensuite au fils. Pendant de sombres années où le club tentait tant bien que mal de se sortir des méandres de la Ligue 2 et du National, ces supporters étaient là. Lorsque Nîmes recevait Romorantin, Rodez, Yzeure ou encore Villemomble dans un Stade des Costières à peine garni de 1500 spectateurs en plein hiver, les passionnés que vous punissez aujourd’hui étaient là.

Qu’ils soient ultras ou non, ils étaient là.

Ce club a une histoire. Un passé. Ce public aussi, avec cette ferveur toute particulière qui le caractérise. On parle maintenant du « contexte des Costières », de cette ambiance étouffante apportée par tout un stade, brûlant de passion pour son équipe. À 12 comme à 18 000 spectateurs, ce public apporte un soutien sans faille à ses joueurs, et illustre parfaitement l’expression de ce que l’on appelle le douzième homme. Cette saison, ce public, votre public, apporte toujours un soutien total à son équipe dans une lutte acharnée pour le maintien du club en Ligue 1.

Aujourd’hui, nous sommes le 29 février 2020. Hier, à l’entrée du Stade des Costières, des supporters ont subit ce qu’aucun supporter ne devrait vivre en allant assister à un match de football. Bloqués devant l’entrée du pesage Est au moment du coup d’envoi de la rencontre, entourés d’agents de sécurité et de forces de police, vos supporters ont vécu une situation qui aurait pu mal, très mal finir. Des hommes, des femmes et des enfants, agglutinés dans une foule dont vous et votre direction êtes les responsables, se sont fait matraquer et gazer par les forces de police.

Pourquoi ? Parce que vous avez décidé, Monsieur Assaf, dans votre guerre ridicule contre les ultras nîmois, de punir toute une tribune. D’abord, en ne vendant plus aucune place en pesage Est pour les matchs à domicile. Des pères de famille, abonnés dans cette tribune, ne peuvent donc plus emmener leurs jeunes enfants (qui ne sont pas forcément tous abonnés) voir un match de temps en temps. Ensuite, en mettant en place un système de fouille particulier en pesage Est, système qui n’était pas en vigueur devant les entrées des tribunes Nord et Sud. Ce système (fouille, chien renifleur), mal géré, a engendré de vives tensions lorsque près de 1000 personnes se sont retrouvées bloquées devant LEUR tribune, et ce alors le match commençait. Des gens qui ont payé, qui gens qui font vivre votre club. Non, pardon. Des gens qui font vivre LEUR club. Est-il nécessaire de revenir sur la fin de la rencontre, où les forces de l’ordre ont parqué dans LEUR stade toute une tribune ?

Cette soirée n’est malheureusement qu’une parmi tant d’autres. Rappelons-nous du traitement des supporters lors, déjà, du déplacement à Marseille fin 2019. Rappelons-nous, Monsieur Assaf, de la non-communication du club à ce sujet. Nous pourrions parler de la communication du club, justement. Dans une situation où l’union sacrée est nécessaire pour soutenir notre équipe, tous ensemble, vous divisez. Vous n’avez jamais un mot à l’attention de vos supporters. Jamais un mot lorsque les collectifs ultras font un pas vers vous. Jamais un mot pour donner des réponses aux supporters, ceux qui font vivre le club, je vous le rappelle. Contre Marseille, les plus de 400 places en pesage qui n’ont pas été mises en vente ont (apparemment) été offertes à une œuvre caritative. Aucune communication du club à ce sujet, aucune information sur cette prétendue œuvre caritative.

Monsieur Assaf, l’heure est grave. Peut-être n’avez-vous pas saisi l’ampleur de ce conflit. Vous ne combattez pas seulement les ultras que vous semblez détester et qui pourtant font vivre vos tribunes. Vous êtes en train de vous mettre à dos tout un peuple et un public. Des abonnés de longue date réfléchissent à vous remettre leurs abonnements. Hier, des supporters sont partis à la mi-temps car ils étaient inquiets pour eux et leurs enfants. Car ils savaient très bien que les forces de l’ordre seraient à la sortie, que la situation pouvait dégénérer. Un pas. Un pas en avant, c’est tout ce que demande le peuple rouge et blanc. Au lieu d’attiser la haine par votre non-communication, par des décisions liberticides, par un traitement particulièrement scandaleux de vos supporters.

L’heure est très grave Monsieur Assaf, et vous savez très bien que sans un effort de votre part, le public des Costières, uni, ne sera jamais de votre côté. Ultras ou non, ces supporters sont là depuis toujours, et ils seront là bien après votre départ. Ne l’oubliez pas.

 

Kevin N.

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