Nîmes – Marseille (2-3) : Terrible soirée

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Cela aurait pu être une fête. Si sur la pelouse les crocodiles n’ont pas démérité face au dauphin du PSG en championnat, le résultat final restera sans doute anecdotique. Marquée par des incidents en tribune et par le tragique décès d’un supporter nîmois, retour sur une triste soirée aux Costières.

Marseille remercie Mandanda 

Comme à Rennes la semaine dernière, il ne fallait pas être en retard au coup d’envoi. Bloqués devant l’entrée du pesage Est, ce fut pourtant le cas de nombreux supporters nîmois (voir par ailleurs). La première incursion des locaux dans la surface phocéenne fut la bonne : Ferhat ne tremblait pas pour inscrire son troisième but cette saison (5′, 1-0). Pourtant, comme en Bretagne dimanche dernier, Nîmes craquait dans la foulée. Servi par Bouna Sarr sur la droite, Benedetto trompait facilement Bernardoni du droit pour remettre les deux équipes à égalité (10′, 1-1). Dans une rencontre rythmée où les crocodiles rendaient coup pour coup à leurs homologues marseillais, Alvaro sauvait une première fois les siens sur un centre de Paquiez dégagé in extremis par le défenseur central espagnol (23′).

Les hommes de Bernard Blaquart, bien en place sur leur terrain, allaient pourtant subir le réalisme olympien. Peu avant la pause, une perte de balle nîmoise au milieu se payait cash. Payet lançait parfaitement Benedetto dans la profondeur qui, couvert par un défenseur nîmois, lobait parfaitement Paul Bernardoni (36′, 1-2). Mené à la pause, Nîmes revenait sur la pelouse avec de superbes intentions. À l’heure de jeu, il fallait une parade exceptionnelle de Mandanda sur un ciseau de Landre pour que Marseille ne concède pas l’égalisation (62′). Pas plus que sur des tentatives de Sarr (52′), Ripart (63′) et Ferhat (64′), Nîmes ne parvenait pas à mettre ce but qui aurait relancé sa partie. Face au second de Ligue 1, les gardois allaient le payer cash.

Sur un coup-franc de Payet, le ballon rebondissait sur Landre puis Caleta-Car avant de revenir sur Benedetto, opportuniste, qui ajustait le portier nîmois d’une demi-volée imparable (67′, 1-3). La réduction du score de Deaux dans les arrêts de jeu (90+2, 2-3) n’y changeait rien, et Marseille pouvait alors remercier Mandanda, principal artisan de la victoire des siens hier soir.

Assaf-supporters, le dialogue est rompu 

La situation particulièrement tendue ces dernières semaines entre la direction nîmoise et ses supporters va probablement perdurer. Hier soir, le public du pesage Est à semble t’il fait les frais des tensions entre Rani Assaf et les ultras nîmois. Pour pénétrer dans la tribune, les abonnés se voyaient réserver un accueil bien particulier. Après une fouille appuyée, il était ordonné aux supporters, enfants y comprit, de se mettre dos au mur pour passer le test du chien renifleur. Un dispositif uniquement destiné au pesage Est et pas à l’ensemble du stade. Un dispositif long, et le point de départ des incidents ayant émaillés le début de rencontre.

Alors que le coup d’envoi est donné à l’intérieur, de très nombreux supporters se retrouvent bloqués, grilles fermées, à l’extérieur de l’enceinte. Alors que plusieurs camions de CRS viennent d’arriver, la situation dégénère. Un jeune supporter de 16 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, témoigne. « Je suis arrivé au stade à 19h30. Quelques minutes avant le coup d’envoi, je suis à l’intérieur, mais près de 1000 personnes sont bloqués dehors devant le pesage, des ultras et de simples abonnés. Mon frère est dans le lot, il a 19 ans et il est épileptique, je décide alors de retourner à l’entrée pour l’aider parce qu’il ne peut absolument pas respirer du gaz lacrymogène par exemple. J’ai interpellé un CRS pour décrire mon frère et lui expliquer, ce à quoi il m’a répondu « Je m’en bat les cou***** ». La foule à commencé à pousser, j’ai tenté d’y pénétrer pour aider mon frère, et là je me suis fais matraquer par un CRS dans les bras et les jambes. J’ai voulu me défendre, je me suis fais pousser au sol et gazer dans le yeux. Nous réfléchissons à porter plainte pour violences policières contre mineur. »

Après plusieurs minutes chaotique, les derniers supporters finiront par pénétrer dans l’enceinte du stade sans faire valider leurs billets, sans fouille également. Au coup de sifflet final, nouvelles tensions. Toute la tribune se retrouve bloquée dans les travées des Costières, la sortie du stade barrée par un impression dispositif policier. « On a mit près de 40 minutes à pouvoir sortir au lieu de 5 minutes maximum d’habitude » témoigne Laurent, abonné et supporter du club depuis 40 ans. « Je n’ai jamais vu ça, on sortait au compte goutte, un supporter par un supporter, et les CRS scrutaient le moindre de nos faits et gestes. Honnêtement, ce matin j’ai réfléchis à envoyer un recommandé à Monsieur Assaf pour lui dire ma façon de penser et rendre mon abonnement. C’est un scandale de traiter les gens de cette manière. ». 

Le drame en tribunes

Il s’appelait Cédric Deubel, abonné aux Costières, et était venu supporter son équipe avec Loic, son fils de 14 ans. D’après les informations données par le Midi Libre, c’est peu avant la pause que ce père de famille s’est écroulé dans les escaliers menant aux toilettes, victime d’un arrêt cardio-respiratoire et n’a malheureusement pas pu être réanimé par les secours. Une bien triste soirée, où le football et les incidents resteront anecdotiques.

L’ensemble de l’équipe Nîmes Médiasport présente ses plus sincères condoléances à Loïc, aux proches et à la famille de Cédric.

 

Kevin N.

 

 

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