Rémi Salou : « Gagner des titres avec l’USAM »

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©MatthieuMetivet-TheAgency-0493

Nîmes Médiasport est parti à la découverte de Rémi Salou, le roc nîmois, le temps d’un entretien mené par Raphaël.  Nîmes Médiasport a choisi de vous faire découvrir Rémi Salou en lui posant quelques questions. L’occasion de revenir sur son parcours, sa vie de sportif et ses ambitions.

NM : Bonjour Rémi, Comment vas tu ? Pour nos lecteurs peux-tu rapidement te
présenter en revenant notamment sur ton parcours dans les catégories jeunes ?

Rémi Salou : Bonjour je me présente : je suis joueur de l’USAM Nîmes gard depuis 2016, cela fait environ une dizaine d’année que je suis pro. Je suis breton, j’ai donc commencé le handball à Brest en suivant le cursus familial. S’en est suivit une progression qui s’est faite naturellement, je suis parti rapidement en -18 nation, puis en national 3 à 16 ans. Dans la même période j’ai intégré le pôle espoir de Cesson-sévigné. J’ai été en contact avec Montpellier dès mes 16 ans pour intégrer leur centre de formation. J’ai refusé car je ne voulais pas trop m’éloigner de ma famille (entre Brest et Montpellier il y a une certaine distance).

Je suis finalement parti à Cesson où j’ai fait 3 ans au Pôle espoir dont 2 ans en D2 (de mes 16 ans à mes 18 ans). A la fin de mes 18 ans, Montpellier m’a recontacté et j’y suis allé, j’ai signé un contrat pro et j’ai beaucoup appris, tant personnellement qu’au niveau de la vie collective. Puis je suis arrivé à Nîmes en 2016.

« Au début mon père ne voulait pas que j’en fasse, il en avait marre qu’il y ait que des handballeurs dans la famille »


Qu’est-ce qui t’as amené au hand ? Pourquoi ce sport et pas un autre ?

Ma famille a toujours pratiqué le hand, mes grandes soeurs et mon grand frère en
faisaient, quand j’étais petit je passais ma vie dans les gymnases. Tout naturellement j’ai voulu faire ce sport. Au début mon père ne voulait pas que j’en
fasse, il en avait marre qu’il y ait que des handballeurs dans la famille (rire).

A quel poste joues-tu et quelles sont les spécificités de ce dernier? Est ce un poste
de prédilection ? En as-tu connu d’autres dans ta carrière ?

Je joue au poste de pivot et numéro 3 en défense (chef de la défense celui qui
drive ses coéquipiers, donne les consignes). C’est un poste exigeant physiquement car on prend beaucoup de coup (aussi bien en attaque comme en défense). C’est un poste ingrat, car il n’est pas beaucoup dans la lumière, mais qui est très important. On est vraiment au service du collectif et on est dépendant de ses coéquipiers pour avoir le ballon.

Je n’ai pas de souci avec ça, car je sais que c’est un rôle hyper important, cela me va complétement de servir l’équipe .Je n’ai pas besoin de briller pour savoir que j’ai fait un bon match. Quand j’étais jeune je jouais arrière, mais en arrivant à Montpellier Patrice
Canayer (l’entraineur de Montpellier) m’a dit : « Tu feras un très bon arrière de D1,
mais tu pourras être international en temps que pivot. » Je lui ai dit que cela m’étais
égal, qu’il pouvait me mettre n’importe où sur le terrain, tant que je jouais .

Avec qui cela marche le mieux en défense ?

Globalement cela marche avec toute l’équipe car malgré les statistiques qui indiquent que nous sommes la 5ème meilleure défense du championnat (en nombre de but encaissé), je pense que nous faisons parti des trois meilleures défenses du championnat. Je m’explique, avec notre jeu d’attaque qui est très porté sur la rapidité, les contres-attaques… on passe beaucoup de temps en défense donc forcément cela amène à encaisser plus de buts.

Le leader de Tremblay (c) Tremblay handball

Nous avons une bonne défense, on s’entend tous bien, notamment avec Quentin Dupuy. A Montpellier l’équipe avait un haut niveau en défense, c’est donc plus facile de défendre avec de grands joueurs, tout est plus naturel. J’avais un peu perdu cela en partant à Tremblay et quand je suis revenu à Nîmes, avec Quentin j’ai retrouvé ce feeling, un état d’esprit qui m’avait manqué pendant 4 ans. Il y a aussi Luc Tobie qui a une défense d’acier, Rémi Desbonnet qui fait le travail dans les buts. Tout ça fait que nous avons réussi à monter une belle défense. Je pense que nous avons une marge de progression. Il y a un bel état
d’esprit défensif et ça me plait énormément.

Quelle est ta journée type en tant que joueur professionnel ? Combien de fois vous entrainez-vous dans la semaine ?

Sur une semaine classique (1 match de championnat le mercredi) : Le lundi nous avons 2 séances d’entrainements avec un entrainement physique et un entrainement handball (2 fois deux heures). Mardi veille de match, l’entrainement est plutôt basé sur la mise en place tactique, il dure un peu moins longtemps (une heure et quart ou une heure et demie à peu près avec les étirements compris).

Le mercredi jour de match on fait un décrassage pour éviter que certains joueurs dorment jusqu’à 14h. Cela permet de se mettre en route pendant une petite heure. Le match se déroule le soir puis après on a la récupération, le massage,  et un bain froid … C’est important de bien récupérer pour pouvoir enchainer les matchs. Le jeudi, l’entrainement varie en fonction de notre temps de jeu la veille. Ceux qui ont beaucoup joué seront sur le vélo en décrassage pour faire tourner les jambes. Ceux qui n’ont pas beaucoup joué vont rattraper l’effort physique qu’ils n’ont pas eu la veille.

Air Salou (c) USAM

Le vendredi on a deux entrainements de deux heures, un le matin et un autre l’après-midi, en fonction de l’état physique, des demandes, des besoins… On va adapter (faire plus ou moins de cardio, plus ou moins de musculation). On est dans un club où les entraineurs sont très à l’écoute des joueurs. On peut communiquer nos besoins, nos envies, ce qui permet d’adapter et d’individualiser les séances. Le samedi matin nous avons un entrainement et puis vient le week-end.

Quelle est la différence entre la coupe d’Europe et le championnat de France ? Pour toi, y a-t-il une grande différence de niveau entre les deux ?

Globalement le niveau de la D1 est meilleur que celui de L’EHF car il y a 6-7 grosses écuries alors qu’en championnat toutes les équipes se tiennent. Mais il y a une différence dans l’atmosphère du match que l’on ressent lorsqu’on est à l’intérieur de celui-ci. Il y a une attente autour de l’Europe car c’est quelque chose d’inconnu, de nouveau. Nîmes l’a connu dans le passé mais c’était il y a un moment. Il y une sorte de tension, une attente qui se créée autour du match. Vient s’ajouter à ça les équipes que l’on joue. Ce sont des équipes que nous n’avons pas l’habitude de jouer, il y a un rapport de force particulier. En D1 nous
jouons les équipes au moins deux fois par an, des fois même plus avec les coupes et en préparation. Nous nous connaissons « par cœur » et une sorte de jeu de dupe se met en place.

En coupe d’Europe il n’y pas ça, il y a une part d’inconnu, par exemple nous avons joué en Hongrie et nous ne savions pas où c’était, nous ne connaissions pas l’équipe, et nous n’avions aucune vidéo sur eux. Il y a tout ça à prendre en compte. C’est génial de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles langues, des régions d’Europe que l’on a pas l’habitude de voir, avec des supporters plus ou moins virulents. C’est tout ça qui fait la magie de la coupe
d’Europe. Nous sommes heureux de la jouer avec l’USAM, depuis cette saison et
de la jouer la saison prochaine.

« Mickaël Guigou ? C’est un grand bonhomme du handball ,mais c’est aussi un grand bonhomme tout court car je le connais humainement et c’est un mec génial. Il apporte autant sur le terrain qu’en dehors, que ce soit par ses conseils, sa façon
d’aborder les matchs, il transpire le talent. Nous sommes beaucoup plus serein quand il est là, quand il parle. »

Que vous apporte un joueur d’expérience comme Mickaël Guigou ? As tu beaucoup appris à ses côtés ?

Mickaël Guigou je le connais depuis mes années à Montpellier, on a joué 5 ans ensemble, je connaissais bien le personnage. C’est un grand bonhomme du handball ,mais c’est aussi un grand bonhomme tout court car je le connais humainement et c’est un mec génial.
Il apporte autant sur le terrain qu’en dehors, que ce soit par ses conseils, sa façon
d’aborder les matchs, il transpire le talent.

Nous sommes beaucoup plus serein quand il est là, quand il parle. Dans les moments chauds pendant les matchs on sait que nous pouvons aller le voir et qu’il nous donnera toujours un bon conseil et qu’il nous rassurera. On peut lui donner le ballon, il n’en fera pas n’importe quoi, ce sont des petites choses qui ne se voient pas forcément, car sur un match il aura peut-être marqué un peu moins de buts, mais ces petites choses sont très utiles. Son expérience et son vécu font la différence dans beaucoup de fin de match.

Quels sont tes objectifs avec la green team sur le plan personnel et collectif ?

Collectivement notre objectif et de rester dans le top 5 du championnat, d’arriver à pérenniser ces résultats pour continuer à jouer la coupe d’Europe tous les ans. Nous avons à cœur d’aller le plus loin possible en coupe, et pourquoi pas remporter quelques titres. Pour le championnat cela risque d’être difficile, mais on ne sait jamais. Personnellement, j’aimerais bien, avant la fin de ma carrière, décrocher un titre avec l’USAM. J’en ai gagné pas mal avec Montpellier et j’aimerai finir sur un belle note avec l’USAM.

Terminer sur le podium cette saison, est ce une surprise de ton point de vue ? As-tu constaté une montée en puissance dans l’effectif ?


Non cela c’est fait naturellement, quand David Tébib est venu vers moi pour me
faire venir à Nîmes l’objectif était de retrouver l’Europe et le haut du classement.
L’objectif était clair et affiché, cela a pris du temps. Je pense que notre progression
a été logique, elle s’est faite d’année en année. Parfois nous étions proche de notre objectif. Nous faisions des erreurs et terminions dans le ventre mou du classement. L’année d’après on était un peu plus haut. Nous avons peu à peu grappillé des places pour arriver dans ce top 5. Ce qui va être le plus dur, c’est de rester dans le haut du classement.

Deux anciens coéquipiers … Que l’on connaît bien. (Photo by Dave Winter/Icon Sport via Getty Images)

Qu’as tu retenu de ton passage à Montpellier ?

J’ai énormément appris à Montpellier, cela a fait de moi le professionnel que je
suis maintenant. J’ai joué avec les meilleurs joueurs au monde. Notamment David Juříček élu
meilleur pivot des championnats du monde 2005, et Issam Tej un des meilleurs pivot au monde à cette période. J’ai beaucoup appris d’eux, de Patrice Canayer de Fredéric Anquetil. J’ai côtoyé Nikola Karabatic, Mickaël Guigou et d’autres grands joueurs. Forcément quand on évolue dans un environnement pareil, on ne peut qu’apprendre et progresser.

De côtoyer ces joueurs m’a permis de progresser à Monptellier, j’ai réussi à grappiller du temps de jeu. Au bout de ma 3ème année j’étais titulaire en défense sur la 2ème partie de saison. Grâce à cela j’ai progressé. C’était des belles années, j’ai remporté beaucoup de titre grâce à eux. Je ne regrette pas ce choix d’avoir été au MHB.

« Il y avait une tension dûe en partie à l’arrivée de Mickaël Guigou à l’USAM. Il avait une  » petite revanche à prendre » contre le MHB.
Comme Mickaël Guigou est un bon copain je me suis tout de suite tourné vers lui quand j’ai marqué. »

Qu’as tu ressenti lorsque tu as marqué le but de la victoire à la dernière seconde,
lors du derby face à Montpellier (cette année) ?

C’était une sensation bizarre. Quand on joue contre Montpellier on a forcément envie de les battre. Il y a eu des années où l’on frôlait la victoire. Il y avait une tension dûe en partie à l’arrivée de Mickaël Guigou à l’USAM. Il avait une  » petite revanche à prendre » contre le MHB.
Comme Mickaël Guigou est un bon copain je me suis tout de suite tourné vers lui quand j’ai marqué. On était heureux, mais ce n’est pas une fin en soit, ce n’est qu’un match. On parle du derby Nîmes – Monptellier mais la rivalité n’est pas aussi forte qu’au foot. Quand il
y a un derby, l’ambiance est plutôt bon enfant. Cela reste spécial, mais c’est surtout 2 points importants que l’on a pris.

Dans ta carrière, quel moment t’as le plus marqué positivement ? Négativement ? As tu déjà eu des regrets liés à ton parcours ?

Dans le handball en général, beaucoup de chose m’ont marqué positivement. Un de mes meilleurs souvenir, quand avec le MHB on a joué à Vezprèm, le meilleur club hongrois, celui qui joue le Final 4 ( finale et demi-finale de la ligue des champions de hand) quasiment tous les ans, aucun club français ne les avait battu chez eux. Comme Montpellier était éliminé de la coupe d’Europe, nous avons avec l’équipe des jeunes joué et gagné. Pourtant Vesprèm jouait la première place du groupe. Cela était un moment fort de jouer avec cette équipe, il y avait Dipanda, Acambray… On avait une belle équipe mais à l’époque on était jeune et pas confirmés. On a fait un super match dans une salle qui nous était hostile. C’était vraiment un super moment pour moi.

Il n’y a quasiment pas de négatif, sauf peut-être les saisons à Tremblay qui ont été
compliquées. On avait une bonne équipe mais on finissait toujours par jouer la relégation. Il y avait beaucoup de rotation (8,9 changements par an). Toutefois, j’ai beaucoup appris et j’ai grandis humainement.
Je n’ai pas de regrets conncernant ma carrière, je pense avoir fait les bons choix.

As-tu déjà pensé à l’équipe nationale ? Est ce toujours un objectif ?

Pendant longtemps je pensais à cet objectif. Je suis compétiteur, je veux être le meilleur.
Je n’ai pas été loin de l’équipe de France, lors de la première saison à Tremblay, j’ai fait une super saison individuellement. L’année d’après il se disait, que j’étais sur la liste pour aller faire le stage de la Toussaint avec l’équipe de France. Mais un mois avant je me luxe le genou et j’ai 6/7 mois de rééducation. L’année d’après je reviens pour les championnats d’Europe, je suis sur la liste des 28, je ne suis pas séléctionné mais je suis réserviste.

Après des jeunes sont arrivés et il faut revenir des blessures. Je me suis déjà fait opérer 7 fois durant ma carrière et ce n’est pas facile de rebondir après. On y arrive et on relève la tête pour repartir.

Pas de repos pour les guerriers ! ©MatthieuMetivet-TheAgency-0499

Que représente l’Usam pour toi ?

L’USAM est un club historique du championnat. A une époque c’était le grand club
de France, il était devant Montpellier et jouait la grande coupe d’Europe. Il remplissait les arènes et historiquement, c’est l’un des tauliers du championnat, avec une période un peu difficile, de transition. Ils ont su rebondir et je voulais
m’incrire dans ce cadre là, faire partie de cette aventure qui permettait à l’USAM de revenir sur le devant de la scène.

Dernière question, comment as- tu vécu le confinement et comment envisages-tu
la suite ?

Cela était compliqué, car nous étions troisième du championnat et on visait la deuxième place. C’était ambitieux mais nous savions que nous pouvions le faire. Nous avons battu Nantes au Parnasse, donc pourquoi pas les battre chez eux. Il y a un gout d’inachevé sur le plan sportif, c’est en tout cas ce que tous les joueurs pensent.

Pendant le confinement il faut s’entretenir physiquement, ce n’est pas facile mais on fait comme on peut et avec les moyens du bord. En ce qui concerne la reprise on en discute encore, c’est compliqué de se voir d’avoir des contacts or, vous le savez, le hand est un sport de contact et de proximité. Par petit groupe, ou en individuel nous essayons de travailler avec le préparateur physique. On attend d’avoir les consignes du ministère des sports concernant la reprise.

Raphael Fesquet

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