Alexandre Salles : « Le covid donne du temps pour préparer la suite »

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© Radio France - Ludovic Labastrou

La crise sanitaire ajoute beaucoup de difficultés dans le monde du sport, que ce soit professionnel et amateur. Nîmes Médiasport a souhaité mettre en valeur quelques clubs amateurs nîmois qui ont subi de nombreux revers cette saison sur le plan administratif… Et sportif. Dans ces interviews, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Alexandre Salles responsable administratifs et partenaires du Rugby Club Nîmois.

Nîmes Médiasport : Quel est votre avis concernant les décisions du gouvernement vis à vis du sport amateur? Votre ressenti?

Alexandre Salles : Dans le contexte actuel, où de nombreuses activités sont à l’arrêt ou réduites, il parait logique que le sport dit amateur soit également touché. Pourquoi je parle de « sport dit amateur » car même si nous sommes catalogués amateur (la Fédérale 1 dépend de la Fédération et non de la Ligue), la réalité est différente comme de nombreux clubs. Nos joueurs sont pour la plupart sous contrat de travail (bien qu’ils aient tous une activité professionnelle ou étudiante), il y a aussi une structure administrative, cela représente tout de même 35 salariés.

Le rugby a la chance de ne pas être à l’arrêt car les entrainements pour l’ensemble de nos licenciés sont maintenus (avec des contraintes certes mais malheureusement tous les sports n’ont pas cette chance), et cela permet de maintenir une activité physique ô combien essentielle chez les jeunes, de maintenir aussi un lien social tout aussi important, et de préparer d’ores et déjà la saison 2021-2022. A l’instar des bars ou restaurants, les clubs jouent parfaitement le jeu et ont su s’adapter.

NM :  malgré tout, quels sont les objectifs à long terme pour le club?

AS : Le covid a un intérêt, il donne du temps pour préparer la suite. Au RCN, le contexte est particulier car nous sommes en phase pré-coupe du Monde, puisqu’en 2023 la France sera la pays hôte de cet évènement planétaire. Au-delà des retombées économiques et d’image pour notre pays, cette Coupe du Monde va renforcer la position du rugby auprès des français, et le RCN compte bien lui aussi en tirer profit.

La FFR a mis en place un programme de formation de dirigeants de club « Campus 2023 » dans lequel le RCN va accueillir 4 jeunes en formation Master qui viendront renforcer la structuration administrative : secrétariat, communication, partenariat, évènementiel, école de rugby. Cela va nous aider à franchir un cap pour qu’en 2023 le RCN puisse jouer dans la poule Nationale. Au-delà de la structuration administrative, il y a la question essentielle des infrastructures. Ce n’est un secret pour personne, le stade Kaufmann est un vieux stade avec des installations quelques peu obsolètes. La ville de Nîmes nous a entendu et a décidé d’investir dans un salon partenaire qui sortira de terre cet été. C’est l’aboutissement d’un travail collaboratif de fond qui va permettre au RCN de poursuivre la dynamisation de son Business Club.

« Le rugby a la chance de ne pas être à l’arrêt car les entrainements pour l’ensemble de nos licenciés sont maintenus » –  Alexandre Salles

NM : À quel point la crise du covid a impacté la gestion de vos équipes respectives et les budgets alloués ?

AS : Le Covid a deux impacts : l’actuel et le futur. Et paradoxalement, c’est l’impact futur qui est le plus préoccupant. En effet, aujourd’hui le sport est classé secteur protégé, et peut bénéficier d’aides publiques (notamment le chômage partiel). C’est grâce à cela, et la gestion saine du Président Bonné, que le RCN arrive à traverser cette crise.

Mais qu’en sera-t-il demain lorsque les aides ne seront plus là ? Retrouverons-nous un niveau de ressource égal à l’avant crise ? Pourrons-nous recevoir nos spectateurs et partenaires comme avant ? C’est ce flou qui nous inquiète, et forcément cela a un impact sur le budget prévisionnel de la saison prochaine.

NM : Dans ce contexte, vos sponsors sont-ils parvenus à rester fidèle? Quelle est votre stratégie pour les mettre en avant sur le plan marketing alors que les événements sont interdits au public?

AS : Nos partenaires sont formidables dans leur engagement et leur soutien sans faille. Bien évidemment nous essuyons des pertes, mais comment en vouloir à un partenaire qui est pris à la gorge par le contexte économique actuel. Nous sommes tous sur le même bateau, et une des valeurs essentielles du rugby est la solidarité !

Avant la crise du covid, nous avions fait un choix dans l’animation du Business Club : celui de ne pas tout axer sur les jours de match. Chaque mois, nous organisons des rencontres entre partenaires, dans une logique de développement de réseau B to B. Dès lors que les évènements en présentiels n’étaient plus possible, nous avons basculé en évènements en distanciel. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à distribuer au 4 coins de Nîmes des plateaux apéros pour nos visio’ ! En parallèle de ça, nous mettons à disposition de nos partenaires nos réseaux sociaux où près de 20.000 followers peuvent suivre les actualités commerciales de nos partenaires.

« Nous avons deux types d’aides : le chômage partiel, que verse l’état, qui est l’aide principale, et le fond de solidarité co-géré par la région Occitanie. » –  Alexandre Salles

NM : La crise sanitaire représente-t-elle un frein au recrutement de nouveaux licenciés

AS : Il est trop tôt pour le dire. Ce qui est certain, c’est que la saison 2020-2021 a vu une baisse des effectifs, et encore le rugby s’en sort bien par rapport aux autres sports (notamment ceux d’intérieur). On dit souvent que c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens, c’est pareil ici. On fera les comptes fin octobre, après la prochaine rentrée. Mais il est évident que si la saison prochaine est encore touchée, les effets seront assez catastrophiques.

Cependant, il ne faut pas se lamenter, il faut toujours regarder vers l’avant et c’est dans cette philosophie que nous avons lancé une campagne de communication sur l’école de rugby pour inviter les jeunes et leurs parents à venir découvrir le rugby.

NM : Avez vous reçu de l’aide de la part de l’état et /ou des collectivités locales ?

AS : Nous avons deux types d’aides : le chômage partiel, que verse l’état, qui est l’aide principale, et le fond de solidarité co-géré par la région Occitanie. Nous saluons les décisions des collectivités territoriales, qui ont décidé de maintenir leur soutien. Nous avions eu une frayeur lorsque la ville a voté une baisse de la subvention allouée au RCN, mais Monsieur le Maire a bien confirmé qu’une subvention complémentaire sera votée pour arriver au niveau de 2020. C’est un soulagement, car la ville de Nîmes est le partenaire principal du RCN, et le témoignage de ce soutien montre ô combien le rugby à sa place à Nîmes. Par ailleurs, Laurent Boissier nous a confirmé que Nîmes Metropole maintiendra sa participation en 2021 au même niveau qu’en 2020. Ce sont des gestes forts qui permettent d’assurer l’avenir de notre club et nous les en remercions !

NM : Un impact psychologique a t-il été remarqué parmi vos athlètes? Quelles solutions avez vous mises en place pour les aider à rester dans le bain?

AS : Forcément, ce sont des compétiteurs. Que ce soit les garçons ou les filles, les séniors ou les jeunes, tous sont motivés par le gout de la compétition. L’arrêt du mois de novembre puis l’annonce de l’arrêt de la saison en février a mis un coup au moral, mais les différents staffs ont su remobiliser tout le monde pour préparer la saison prochaine.

Comme on le disait, le covid donne du temps, et la saison 2021-2022 a déjà débuté au RCN.

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