[EXCLU] Entretien avec Jean-Jacques Bourdin, croco de coeur

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(c) L'Union / AFP - Pascal Guyot

Jean Jacques Bourdin en vacances dans les Cévennes, a accepté de répondre aux questions de Nîmes Médiasport. Durant l’interview vous en apprendrez davantage sur lui, sur son passé de journaliste sportif et sur son rôle au sein du Nîmes Olympique.

NM : Monsieur Bourdin, pour les plus jeunes, pourriez-vous rapidement vous présenter ?

Bonjour à tous je m’appelle Jean-Jacques Bourdin et je suis journaliste, intervieweur politique. Cela fait plus de 40 ans que j’exerce ce métier avec passion. J’ai commencé comme journaliste sportif à RTL pendant sept, huit ans. Puis ensuite j’ai présenté tous les grands journaux (journal de 13H…). J’ai développé le concept de donner la parole aux auditeurs, avec « les auditeurs ont la parole » sur RTL. Par la suite je suis passé sur RMC au moment de son rachat (en 2001). J’ai pris l’antenne le matin, ce qui a permis de faire évoluer la radio et de créer BFM TV (et tout le groupe). J’ai donc présenté pendant 20 ans la matinale de RMC à la radio et à la TV sur RMC Découverte. C’est de là que vient l’interview de 8h30 sur RMC et BFM TV, aujourd’hui incontournable dans le monde politique. Actuellement je fais moins de radio, mais je continue mon interview politique à 8h30 sur BFM TV d’autant plus en cette année présidentielle.

Les audiences cartonnent ! (c) RMC

Parallèlement à tous cela je suis président d’honneur de Nîmes Olympique.

Comment un jeune cévenol a t-il réussi à intégrer RTL, une radio nationale ?

Avant d’entrer chez RTL j’étais inspecteur commercial. Je connaissais peu ou pas RTL. J’étais jeune, j’avais 25 ans mais j’ai eu la chance de rencontrer le patron de RTL à l’époque : Raymond Castans, qui avait une maison à Générac. Nous avons beaucoup parlé de sport car il était passionné comme moi. Nous avions fait un petit pari sur un coureur cycliste et j’ai gagné. Il m’a dit :  » Ecoutez, je vois que vous connaissez très bien le sport, si un jour j’ai quelque chose pour vous à RTL, je vous ferais signe ». Au bout de six mois, un samedi, il m’a proposé un stage le lundi à Paris. J’ai arrêté mon job et vendu ma voiture. J’ai pris le train et je suis arrivé dans la capitale, pris un hôtel très bon marché et j’ai commencé comme cela, en tant que stagiaire.

Vous nous parlez de votre passion pour le sport, vous aimez en faire ?

Oui je fais et j’ai fait beaucoup de sport, comme du foot bien sûr, mais aussi du tennis et plein d’autres disciplines. J’étais passionné, je lisais le journal  « L’Equipe » depuis l’âge de 10 ans, c’était ma vie le sport.

Justement, qu’avez vous appris en tant que journaliste sportif ?

Le journalisme sportif m’a énormément servi, c’est grâce à cela que j’ai eu cette carrière. Cela m’a appris la précision, car vous donnez un résultat que des milliers de personnes connaissent, au moins aussi bien que vous. J’ai aussi appris l’improvisation, car à télévision et surtout en radio, en tant que journaliste, vous êtes sans cesse en train de relater des événements sportifs en direct. Vous ne pouvez pas tricher vous devez raconter ce que vous voyez. J’ai commenté six tours de France et couvert tous les grands événements sportifs.

Tout a commencé ici, chez RTL … (c) RTL

Avez vous eu envie de revenir dans le journalisme sportif ?

Absolument pas. Après sept ans de journalisme sportif on m’a proposé, de le faire pour la télévision, mais j’ai refusé. Dans le même temps j’ai eu l’opportunité de présenter les grands journaux d’informations. Etant aussi passionné par l’info, j’ai choisi cette voie.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’être journaliste ?

Les avantages je les cherche… Le fait de devenir un homme public peut être un inconvénient, car ce n’est pas toujours très agréable. Mais en même temps c’est grâce à cela que vous êtes en contact avec le public. Grâce au métier de journaliste, vous êtes au cœur de tout ce qui se passe dans le monde, c’est inestimable.

Mais je ne me plains pas car j’ai eu la chance de faire une belle carrière complète que ce soit à la radio ou à la télévision ensuite.

Quelle est la personnalité sportive la plus intimidante que vous ayez interviewé ?

J’ai eu la chance d’interviewer Pelé il y a bien longtemps. j’étais tellement impressionné par sa carrière, que je n’ai pas tellement écouté ce qu’il disait (rires) et l’interview était moyenne. Il a un charisme étonnant.

J’ai vu Eddy Mercx au sommet puis en plein désarroi. Je me souviens d’un Tour de France où il était totalement décroché, à plusieurs minutes de la tête de la course. Je l’avais suivi tout au long de la journée, tout à coup l’homme qui survolait le cyclisme depuis tant d’année était devenu humain. Le soir nous avons échangé, c’était très intéressant de voir comment un immense champion pouvait « perdre les pédales » tout à coup.

Quel sportif auriez vous souhaité interviewer ?

J’aurais aimé interviewer Usain Bolt, je pense que c’est un homme qui a beaucoup de choses à dire, il doit être très intéressant.

« J’ai vu Eddy Mercx au sommet puis en plein désarroi »

Quel sportif vous a le plus impressionné en action ?

Ce serait difficile d’en sortir un, j’ai aimé tous les sports que ce soit l’athlétisme, la gymnastique, en passant par le foot bien sûr, le rugby… J’étais d’ailleurs très copain avec l’équipe de France de rugby. A l’époque, quand j’étais journaliste sportif, j’aimais beaucoup Jean-Pierre Rives. Un garçon qui m’a profondément marqué, car nous avions des discussions presque philosophiques. Il avait une conception du jeu, des joueurs, de l’adversité, qui était unique. Jean-Pierre était quelqu’un de passionnant, on refaisait les matchs ensemble, on allait même au-delà des matchs. C’est un des sportifs qui m’a marqué.

Quelles étaient vos idoles de jeunesse ?

Avant d’être journaliste sportif, il y avait un coureur cycliste (Henri Anglade) que j’adorais, mais qui n’a jamais gagné le Tour de France. Je ne sais pas pourquoi mais je le suivais quand j’étais gamin sur le tour de France. Et puis bien sûr, je suis supporter du Nîmes Olympique.

Beaucoup de personnes connaissent votre passion pour le foot, en particulier pour le N.O, avez-vous un jour rêvé d’être footballeur professionnel ?

Franchement je n’ai jamais pensé à cela, je faisais du foot parce que j’étais avec mes copains. Je n’étais pas assez doué pour être footballeur professionnel. J’étais un attaquant  plutôt solide, rapide mais techniquement très limité. Je marquais des buts sur la vitesse. J’étais plus doué pour le tennis, en cadet j’ai été sélectionné par la fédération au niveau national. J’avais réussis à me classer 15/4. Puis j’ai arrêté parce que l’ambiance au club d’Alès était très mauvaise à l’époque.

Dans sa ville d’Alès, J.J. Bourdin est un pur cévenol (c) Midi Libre

D’où vient votre passion pour Nîmes Olympique, alors qu’Alès possède un club de foot ?

C’est amusant parce que mes deux frères sont actionnaires du club d’Alès et moi je suis président d’honneur du N.O. Ma passion est venue, dès le premier match, au stade Jean Bouin avec mon grand-père, lorsque j’avais 9 ans. J’ai toujours aimé ce club, l’ambiance, le maillot… C’est un vieux club mythique, qui existe depuis 1937.

Quel sont les objectifs du club à terme?

L’objectif du club est d’être en Ligue 1 (milieu de tableau). Cela pourra être atteint que lorsque nous serons propriétaires de notre stade. Avoir un stade neuf est la seule solution pour que nous arrivions à assurer un équilibre financier. Cela permettra au club d’avoir des revenus suffisants pour se maintenir en Ligue 1. Un stade provisoire sera construit à partir d’octobre / novembre pour y jouer la saison prochaine.

Pourquoi ce changement de stade ?

Tout simplement car le stade est fatigué, une tribune est condamnée.  Nous sommes en période de transition. Il faut du temps pour réaliser le projet du nouveau stade. Nous avons eu quelques difficultés au début, mais maintenant tout est sur les rails. Nous avons de bonnes relations avec la municipalité, qui nous soutient dans notre projet. Tout est bien parti.

Jean-Jacques BOURDIN Vice-président et Rani ASSAF président de Nîmes lors du match de Ligue 1 entre Nîmes et Toulouse le 21 septembre 2019 à Nîmes

Que pensez-vous de l’équipe de cette année ?

Tout d’abord je suis content du début de saison. On a beaucoup parlé de Nîmes Olympique. Beaucoup de fausses informations ont été écrite sur le club. Mais le NO est un club solide et organisé sportivement. Même s’il est vrai que nous avons perdu pas mal de joueurs, nous en avons gardé d’autres. L’ambiance au club est excellente, le début de saison est bon. Il faut maintenant continuer, nous allons encore nous renforcer avant la fin du mercato. Sans prétention nous pouvons dire que cette année nous avons une équipe compétitive et joueuse.

Quel est votre rôle et quelles sont vos ambitions en tant que président d’honneur ?

Vous savez Nîmes Olympique est avant tout une passion, ce n’est pas mon métier. En ce moment j’ai d’autres choses à faire au niveau professionnel que de me consacrer entièrement au NO. J’aide le club dès que c’est possible, que ce soit auprès des instances du football, quand il faut faciliter l’arrivée d’un joueur. J’aide aussi le club sur le plan de la communication. Tant que j’ai une activité professionnelle, je ne m’impliquerais pas davantage dans le club.

Suivez-vous d’autres équipes nîmoises autres que le N.O ?

Franchement non, je connais les bons résultats du hand, mais le hand n’est pas mon sport préféré. Je suis plus rugby, je sais que le club est bien géré. Mais mis à part le NO je ne suit pas réellement d’autres équipes nîmoises.

Quels joueurs vous ont le plus marqué depuis que vous supportez le N.O ?

Il y a pour moi quelques joueurs incontournables comme le gardien Luigi Landi, les défenseurs Jean Pierre Adams et Charles Alfred, au milieu de terrain Michel Mezy et Téji Savanier, et Hassan Akesbi qui jouait en attaque, qui est aussi un excellent joueur.

Quel est votre meilleur souvenir avec Nîmes olympique ?

Il y en a beaucoup, d’abord les premiers quand nous rivalisions avec Reims et le Racing, mais c’était quand j’étais très jeune.

Ensuite les saisons de Ligue 1, la coupe de France évidemment. Je me rappelle de la finale au Parc des Princes (en 1996 contre le grand Auxerre). Les remontées sont aussi des souvenirs formidables, avec les soirées merveilleuses pour les fêter. La dernière a été inoubliable et tout simplement l’ambiance aux Costières.

Vous qui êtes natifs d’Alès, que représente Nîmes pour vous ?

C’est vrai que suis natif d’Alès, mis à part la chaleur j’aime beaucoup venir à Nîmes. Je trouve que cette ville s’est embellie ces derniers temps.  C’est une ville qui vit bien, se développe. Je suis assez confiant dans l’avenir de ces « grosses villes moyennes ». Elles vont attirer de plus en plus de monde, car il y a l’attrait du soleil, mais au-delà de ça, il y a l’ambiance, le cadre de vie.  J’aime beaucoup cette ville.

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Merci à Jean-Jacques Bourdin pour ses réponses.

Merci à Franck qui a joué les intermédiaires.

Raphaël Fesquet pour Nimes Médiasport.

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